Compte-rendu du Reset Day 14

Le 18 mai 2021, la FING a organisé le quatorzième rendez-vous mensuel de la communauté RESET, afin de présenter le bilan de l’avancée des coalitions. Pour rappel, une coalition s’organise autour d’un problème, d’un impact recherché, et d’un récit de transformation. Cela comprend un objectif d’intérêt général pour un numérique souhaitable, une recherche d’impact transformateur à court-moyen terme, ainsi que des acteurs hétérogènes (potentiellement) co-porteurs du projet. Chaque coalition peut agir sur trois niveaux : agir sur la commande (intention politique ou stratégique, modèle économique, principes d’investissement, critères d’achat), agir sur l’offre (le numérique lui-même : choix d’architecture, de conception, de standards), et enfin, agir sur les usages (appropriation, maîtrise d’usage, enjeux d’inclusion, de libertés, de partage de la décision, de consommation, de travail). L’équipe Resnumerica était présente lors de ce Reset Day 14, et vous en propose un compte-rendu.

Pour un numérique choisi

L’objectif de RESET est de créer les conditions de transformation d’un numérique subi vers un numérique choisi, en retravaillant nos attentes du numérique, les possibilités d’action à entreprendre par les coalitions pour retrouver une certaine maîtrise de leurs choix, et les actions communes (locales, nationales et européennes) déjà entreprises. Cet objectif fait partie d’une vision partagée par la communauté RESET, qui énumère 7 qualités du numérique tel que souhaité par le collectif.

Les 7 qualités du numérique qui constituent la vision de RESET
Les 7 qualités du numérique qui constituent la vision de RESET

Une méthodologie innovante mais à opérationnaliser

Pour passer d’un diagnostic à des actions concrètes, la communauté RESET se propose d’agir en coalitions, une méthode innovante pour construire de nouvelles stratégies. D’abord, la communauté sélectionne un ensemble de sujets collectivement, et les énoncent de la façon la plus compréhensible possible. Ensuite, il faut rassembler des acteurs au sein d’une coalition, et les engager sur des actions concrètes, aux effets transformateurs à court et moyen terme. La logique de coalition permet de s’accorder sur des points de départ, de tenter de s’accorder sur des points d’arrivée, d’identifier des acteurs et de leviers hétérogènes (acteurs techniques, associations, territoires, académies, grandes organisations, exigences de la société civile et des générations futures, politique…), dans l’optique d’avoir le plus fort impact sur les usages, les commandes et les offres du numérique, et ce toujours dans une perspective d’inclusion.

État des lieux des niveaux de maturité des coalitions RESET
État des lieux des niveaux de maturité des coalitions RESET

Actuellement, RESET recense une vingtaine de coalitions réparties en familles d’intérêt. Cependant, ces coalitions n’avancent pas au même rythme. En effet, leur niveau de maturité est très hétérogène, car elles ont besoin de temps pour constituer un socle commun et un noyau d’acteurs solide. De plus, le laps de temps entre la création d’une coalition et ses premières actions est assez long, car selon les sujets, les noyaux d’animation et d’organisation sont plus ou moins préexistants, et les échanges bilatéraux plus ou moins gourmands. La communauté RESET va donc programmer le lancement des coalitions en fonction de leur maturité.

Calendrier de lancement des coalitions RESET par promotions
Calendrier de lancement des coalitions RESET par promotions

La stratégie de RESET consiste à constituer une documentation de la connaissance et des éléments d’analyse de départ à partir des travaux FING déjà existants, de manifestes, de livres blancs… Cette documentation préalable permettrait de constituer un socle commun (connaissances, diagnostics/visions partagés, appels à contribution, couples acteurs/leviers, charte graphique) à l’aide d’outils comme des carnets de bord, un kit d’appropriation, des parcours d’engagement… L’objectif est d’opérationnaliser les intentions de RESET et de clarifier sa méthodologie. La communauté RESET a également exprimé le besoin de produire et de rendre visible les pré-travaux des coalitions.

Des coalitions à fort potentiel et à visée participative

Ce bilan de RESET met également l’accent sur les coalitions dites « pilotes », c’est-à-dire les coalitions à fort potentiel (émergence de plateformes, échanges entre acteurs hétérogènes). Cependant, les coalitions se heurtent à des obstacles épistémologiques, car elles restent dans une logique d’offre (c’est-à-dire d’acquisition de données). Or l’indicateur de succès des coalitions ne réside pas dans le fait d’avoir des données, mais dans l’appropriation de ces données par les usagers : c’est pourquoi il est impératif de travailler sur le design et la médiation des données en direction des citoyens. Le réseau de praticiens de la concertation de l’ICPC (Institut de la Concertation et de la Participation Citoyenne), mène une véritable réflexion sur la participation citoyenne à ce sujet. Ils proposent une vision prospective, des scénarios, ainsi que des ateliers pour élargir cette réflexion avec d’autres acteurs.

Coalition « Pour des données environnementales d’intérêt général actionnables par les acteurs du territoire »

Cette coalition est née en Bretagne, région qui possède un milieu et une culture favorable à la méthodologie proposée par RESET. Elle s’est lancée au niveau national ce 19 mai, avec des « terrains de jeux » organisés au niveau territorial. La coalition a réalisé un diagnostic, une cartographie des acteurs, et un benchmark avancé autour de la disponibilité des données. Elle a aussi contribué à des projets (plateformes, applications…) qui permettent de documenter le sujet. Son noyau d’acteurs est composé de partenaires et spécialistes comme le Réseau éducation environnement, l’OFB (Office Français de la Biodiversité), le Commissariat général au développement durable, Ademe, Cerema, et beaucoup d’autres. Si aujourd’hui, beaucoup de données environnementales existent déjà et sont produites par une multitude d’acteurs (chercheurs, citoyens…), elles ne sont pas forcément exploitées par le milieu politique et présent une difficulté pour cette coalition qui peine à dépasser la logique de l’offre.

Coalition « Pour des civic tech au service de la qualité démocratique »

Cette coalition est animée principalement par l’ICPC, Clément Mabi (Université de technologie de Compiègne), des acteurs publics, des civic tech, des associations, et des éditeurs comme Berger-Levrault. Elle a pour objectif de proposer différents scénarios d’évolution de la démocratie numérique et de confrontation situations-dispositifs dans une vision prospective. La coalition a été lancée le 20 mai, et propose un atelier de production le 7 juin pour identifier les leviers et freins de ces scénarios à partir de cas concrets de concertation. Ces travaux seront restitués début juillet.

Coalition « Pour un achat public numérique responsable et conscient de ses choix »

Une nouvelle stratégie numérique responsable se met en place avec la Ville de Lyon. De même, un cycle prospectif s’articule autour de la soutenabilité et de la sobriété numérique auprès de France Stratégie. Des échanges ont lieu avec la DINUM (Direction Interministérielle du Numérique) et l’INR (Institut du Numérique Responsable) afin de créer un guide de l’achat responsable. La coalition participe aussi au manifeste des Interconnectés pour socialiser cette démarche. Mais comment passer d’un guide à des transformations concrètes ? Pour cela, la coalition échange actuellement avec des acteurs territoriaux et publics, dont Soluris et Déclic (des acteurs de la mutualisation), et enfin des opérateurs publics de services numériques (OPSN). Les leviers possibles pour cette coalition sont leurs données, des possibilités juridiques, des échanges et des concertations avec les acteurs de l’offre, pour un impact et des transformations optimales.

Coalition « Pour un numérique au service de l’équité scolaire »

Cette coalition est née de la volonté d’In Fine de faire équipe avec la communauté RESET. Les acteurs impliqués (Canopé, acteurs territoriaux, EdTech, éditions éducatives) souhaitent réaliser un cycle événementiel de parcours autour de la question éducative de façon réflexive. La coalition en profite aussi pour travailler sur certains aspects des questions autour de l’équité, de l’éthique et de l’inclusion. Elle a déjà produit un plaidoyer et un manifeste en faveur de ces thématiques. Les partenaires de cette coalition sont Fréquence École, l’UNAF, la CNIL et Emmaüs Connect (entre autres).

Coalition « Dématérialiser sans déshumaniser »

Si cette coalition avance bien, ses acteurs pourront travailler avec des moyens et leviers plus importants, ce qui permettra de faire des rematérialisations, des nouvelles médiations, et de nouvelles inclusions, grâce notamment à ses appuis théoriques et appliqués. C’est le cas avec ses partenaires, comme Ti Lab et Lab Accès. Les acteurs de cette coalition sont parvenus à qualifier des opportunités précises (DITP et commande ministérielle, présidence française de l’UE…). Beaucoup d’acteurs associatifs, publics, privés, nationaux, territoriaux et académiques sont intéressés et souhaitent intégrer la coalition.

Par Mathilde Fontaine

Étudiante en Master 1 Information-Communication GECI (Gestion éditoriale et Communication internet) à Lyon.

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